Depuis “La Mort aux trousses” d’Hitchcock (voir plus bas), jamais un réalisateur n’aura marqué le cinéma d’action - tendande blockbuster - comme l’a fait John McTiernan. A l’exception peut-être de Sam Peckinpah et John Woo. Piège de cristal est un film pilier à plus d’un titre car il a su reprendre parfaitement les leçons de Maître Alfred (déjà très visible dans Predator) et a su sublimer la forme pour atteindre une narration exceptionnelle par l’action. Renforcé par un Bruce Willis qui trouve ici le rôle de sa carrière, le film fait la rupture avec les actioners des années 80 où le héros est invulnérable. Ici, John McLane souffre et s’essouffle constamment. En s’appuyant avec une simplicité admirable sur l’essentiel tryptique d’unité de temps, de lieu et d’action, McTiernan a réalisé un film qui reste aujourd’hui le modèle de genre. L’édition collector est celle qu’il vous faut car elle contient le passionnant commentaire du réalisateur.
Choisi pour pratiquement les mêmes raisons que le précédent. Dans un Hollywood où les thèmes s’inspirent les uns les autres (on commence ici par “Rambo” pour terminer par “Alien”), John McTiernan, aidé par un script solide, apporte une fraîcheur et une clarté dans la réalisation qui donnent toute leur force au récit. Il a su exploiter les deux principales caractéristiques du film : la jungle et l’invisibilité du Predator pour bâtir et gérer un suspens réussi. Là encore, je ne saurai trop recommander d’écouter son commentaire audio sur l’édition collector : tout comme il y a rarement de scènes inutiles dans ses films, il est rare de trouver des phrases à jeter dans ses explications. Et pour ceux qui veulent briller en société : il s’agit du seul film dont le casting possédait deux futurs gouverneurs (Schwarzy et Jesse Ventura qui a été gouverneur du Minnesota).
Un choix bien évidemment relié aux deux films cités précédemment, la Mort aux Trousses est le film qui marque véritablement la création d’un cinéma de divertissement grand public, et de qualité qui plus est. En sublimant le script de Ernest Lehman au travers d’une réalisation somptueuse et en s’appuyant intelligemment sur le charisme de Cary Grant, Hitchcock a créé un cocktail idéal de suspense, d’humour et de romantisme. Ces trois thèmes, associés à l’utilisation d’une star solide en premier rôle, restent depuis les composants fondamentaux de la majorité de la production de films ‘popcorn’ hollywoodiens. Voilà un film qui a très peu vieilli et qu’il est intéressant de revoir régulièrement pour constater à quel point son influence est toujours présente (jusqu’à être presque cloné comme cela a été le cas dans “Le Fugitif” avec Harrison Ford).
Puisqu’on en est à parler de films marquants dans le cinéma d’action, impossible de ne pas rapidement évoquer Matrix. Véritable bombe ayant su marier l’imagerie du cinéma asiatique à celle du cinéma hollywoodien, les frères Wachowski ont crée un canevas de styles et d’influences qui sera encore vraissemblablement puisé et pillé pendant des décennies. Si les deux suites ont perdu une partie du public, et si certains prétendent que rien n’a été vraiment inventé ici et qu’il s’agit de simples réutilisations (mais n’est-ce pas le propre de tout courant d’influence ?) il est impossible de minimiser pour autant l’apport essentiel de cette série au cinéma de genre. Le coffret 10 DVDs nous offre enfin une copie décente du premier film (honte à la première édition) et une palanquée de bonus passionnants. Il est juste dommage que les Wachowski n’aient pas daigné nous y apporter les explications que beaucoup (dont moi) auraient trouvé nécessaire après la vision de Reloaded et Revolutions.
John Woo est plus souvent cité que McTiernan dans les réalisateurs de références du cinéma d’action car il a bénéficié de la déferlante très exposée du cinéma asiatique en Europe et aux Etats-Unis dans le milieu des années 90. Si “The Killer” était déjà culte depuis longtemps auprès des érudits du style, c’est surtout au travers de “Volte/Face” que le grand public a pu découvrir son talent. Et ce n’est pas par hasard que son nom est aujourd’hui synonyme d’un style : on parle souvent de films “à la John Woo”. Avec ses gunfights homériques, dont il n’a jamais caché s’être inspiré des ballets pour en chorégraphier les mouvements, ses thématiques et ses choix symboliques récurrents, et ses personnages incroyables. Certes, l’histoire de Volte/Face est un nid d’incohérence sur lequel on ferme les yeux envoutés que nous sommes devant la manipulation de Woo, mais ses personnages sont passionnants, à la limite du shakespearien. John Woo a apporté de la poésie et une âme au cinéma d’action. Je recommande la version Blue-Ray du film qui nous le fait redécouvrir avec grand plaisir.
Part 1/1000, t’es pas prêt d’arriver au bout, mais je suppose que c’est tout l’interêt !
J’ai jamais vu la Mort aux Trousses (oui je sais…) alors je vais essayer de rectifier ça
Super le fiver!
Si vous avez aimé Matrix, ne ratez pas Animatrix.
http://en.wikipedia.org/wiki/Animatrix
Vous avez l’intention de faire tous les jours / semaines / mois / an ?
Je reviendrai voir de temps en temps si y’a matière à compléter ma collection
C’est scandaleux de parler de Volte/Face avant de parler de “The Killer” !
Mais où est la déontologie journalistico-bloguesque dans tout ça ?
The Killer rulez