Genre : « tranche-de-vie »-movie
Verdict : Rafraîchissant. Morgan Freeman redevient enfin un acteur.

Le pichte : Un acteur hollywoodien plutôt dans le creux de la vague (Morgan Freeman) entame avec beaucoup de réserves quelques recherches sur le terrain dans un supermarché somnolant de Los Angeles pour un rôle de manager du dit établissement. Il y fait la rencontre d’une caissière pimentée en charge d’une caisse « moins de 10 articles » (Paz Vega). C’est le début d’une longue amitié qui durera une journée. Et d’un film qui durera un peu moins de 80 minutes.
Ma (très) discutable opinion : Le film exploite ici deux thèmes que nous avons tous déjà croisé très souvent à l’écran, avec d’une part un Hollywood qui cherche son âme par l’intermédiaire de cet acteur de films à succès plus ou moins contraint de faire une incursion dans le cinéma indépendant et à petit budget, et d’autre part la rencontre de deux personnes chacune à un carrefour respectif de leur vie et que probablement rien n’aurait rapproché en d’autres circonstances.
Nous avons d’un coté le personnage de Morgan Freeman (anonymement et habilement crédité « Him » dans le générique, jouant ainsi sur l’ambiguité de Freeman jouant son propre rôle), acteur profondément jovial et positiviste en recherche d’un second souffle pour sa carrière et en plein questionnement sur les projets dénués de profondeur artistique qu’il a été emmené à faire. Le CV de Morgan Freeman, qui de plus est ici le producteur exécutif, correspond tout à fait à ce profil et en fait l’homme de la situation.

Scarlet, la caissière, déteste purement et simplement son job et vit une journée sur laquelle elle projette secrètement tous ses espoirs car elle a un entretien pour un autre travail un peu plus tard dans la journée. Malgré son charme et une forte personnalité, son manque de confiance en elle est son pire ennemi.
Dire que le film tourne autour de leur rencontre et de comment ces deux personnages, que rien n’appelait à rassembler, vont pouvoir s’aider mutuellement ressemble à un pur cliché. Fort heureusement ce n’est pas le cas. Et c’est essentiellement grâce au talent des deux acteurs principaux et à la légèreté du traitement, notamment par le biais de quelques scènes lyriques et incongrues (excellent moment où Morgan Freeman se mèle aux employés débonnaires d’une station essence pour les emmener nettoyer les voitures des clients sur un rythme sud-américain).
Emballé par Brad Siberling en seulement 15 jours, principalement à Carson, le film dépeint une rencontre subtile qui ne semble jamais forcée ou trop écrite. Je n’avais pas apprécié Morgan Freeman depuis bien longtemps et il fait preuve ici d’une légèreté très agréable. Paz Vega assure ce qu’il faut et se met parfaitement à son niveau. Ces deux là vous permettent de passer un sympathique moment au travers d’une histoire qui n’est certes pas d’une grande profondeur, mais d’un positivisme à toute épreuve. Il y a des petits morceaux de Frank Capra dans ce film. Et Frank Capra c’est bon, mangez-en.
Effectivement avant de lire le passage sur l’auto dérision du personnage Him, je me demandais si ce « creux de la vague » ne concernait pas M. Freeman Himself.
Ce jeu d’employé / caissière me fait penser à un film plutôt récent, Cashback dont je n’ai vu pour l’instant que le très bon court métrage.
Btw, si tu avais pu poster « 10 items », le 10 septembre à 10h (du soir) 10, ça aurait été la vraie classe. A 10 minutes près tu y étais !