Jefferson’s Fivers – Part 8 / 1000

A propos des Fivers :
Composer une filmothèque idéale, tel est l’objectif de ce serial-post dont les articles récurrents visent les milles épisodes (étalés sur 20 ans, il faut savoir rester raisonnable). A coup de vagues de 5 DVDs, qu’ils soient vieux ou récents, j’expose mes choix et leurs raisons. Du concentré de subjectivité en boite et la possibilité de se ballader au gré de l’histoire du cinéma de genre, du plus populaire au plus tordu. Je remonte dans les DVDs / Blurays que je possède déjà et j’y ajoute mes nouveaux venus au fil de l’eau. Sélectionnés par thème, période ou pioché au hasard, il n’y aucune volonté de notation ou de classement qualitatif dans l’ordre d’apparition des films au gré des articles (“Psychose” pourrait tout aussi bien être traité dans l’article 253 et rester l’un de mes films préférés).

Episode 8 : Un peu de fantasy “light”.
Encore une sélection issue de nos chères années 80, avec un petit tour du coté des mondes fantastiques. Là encore, d’autres suivront car le genre fût plutôt bien servi et les oeuvres intéressantes sont nombreuses. La sélection de ce Fivers flirte avec la fantasy légère, plus drôle et poétique que violente et sanglante. Les années 80 furent une heureuse parenthèse pour ce genre de film. Voici donc un quintet garanti sans colorants artificiels et avec de vrais morceaux d’imagination dedans.

Réalisateur visionnaire si il en est, Terry Gilliam est aussi connu pour avoir traversé les tournages parmi les plus chaotiques : dépassements de budgets et autres catastrophes imprévus ont souvent semblé faire partie de son quotidien. Si Munchaüsen a été pénalisé par les problèmes financiers de Columbia Pictures au moment de sa sortie et n’a pas été du tout rentable, il reste à ce jour l’une des oeuvres de fantaisie les plus formellement riches que l’on puisse trouver. Les aventures quelque peu enjolivées de ce Baron mythomane (John Neville), et de la petite fille qui l’accompagne (Sarah Polley, agée d’une dizaine d’années à l’époque) sont le résultat de la plus sincère expression de l’imagination délirante et rococo de Gilliam. Certains moments sont tout simplement magiques. Le sujet même du film traite de la place de l’imaginaire dans un monde qui se rationalise à outrance. Voici un film qu’il est urgent de réévaluer grâce aux éditions DVD et blu-ray qui sont parues en 2008 à l’occasion des vingt ans du film. Entre autre, ne pas manquer le commentaire audio du père Gilliam en personne. Autre redécouverte du film : Uma Turman, âgée de 17 ans dans le rôle de la déesse Vénus.

Première vrai satire du genre féerique, The Princess Bride est un film riche au point de pouvoir trouver quelque chose de nouveau à savourer à chaque nouvelle vision. Cette aventure nichée dans un monde fantastique et gravitant autour de l’histoire d’amour entre Buttercup (Robin Wright) et Westley (Cary Elwes) doit beaucoup au script de William Goldman – excellent scénariste d’Hollywood qui adapte ici son propre roman. La structure du récit – volontairement déformé car raconté par un grand-père (Peter Falk) à son petit fils (Fred Savage), la façon d’exposer les personnages – il faut du temps avant de vraiment distinguer les héros – et le jeu autour de la codification des contes de fée en font une oeuvre impertinente qui se paie le luxe d’être furieusement drôle grâce à une galerie de personnages secondaires irrésistibles. Le casting est superbe et la réalisation de Rob Reiner apporte un rythme très soutenu. The Princess Bride est tout simplement l’un des films de cette décennie que l’on aime le plus aimer. Il mérite d’être ingurgitée de nouveau en guise de bouffée d’air frais dans notre époque de comédie ultra-formatée.

Encore une fable dérangée de l’incurable Terry Gilliam, cette fois ci co-écrite par son confrère pythonesque Michael Palin, et peut-être ma pellicule préférée du bonhomme. L’histoire nous raconte les pérégrinations du jeune Kevin, embarqué par une bande de voleurs nains capables de voyager dans le temps pour commettre leurs larcins, et dont le chemin croisera nombre de grands personnages de l’histoire – tout du moins leurs versions monty-pythonesques. Gilliam a toujours vu ce film comme faisant partie d’une seule oeuvre sur le pouvoir de l’imagination avec Brazil et Munchaüsen, et il démontre une fois de plus qu’il est bien le réalisateur le mieux armé pour cela. Doté d’un très petit budget, le film aligne les effets spéciaux artisanaux, les angles de vue improbables, les lieux et les personnages les plus barrés, pour parvenir à se hisser au rang de joyau de la comédie familiale. Car voilà bien un film qui – tout en étant doté d’un message moralisateur évident sur le monde consumériste et sur la mesquinerie des projets des hommes – peut-être partagé entre parents et enfants. Avec en prime l’humour inoxydable des Monty Python caché au détour de quelques scènes. Il y a un peu de Narnia et du Guide du Routard Galactique dans ce Time Bandits. Une oeuvre trop peu connue de Gilliam, à découvrir d’urgence.

Je vais être honnête, la présence de ce film dans cette sélection est le produit d’une assez grande subjectivité. Willow est un fantastique souvenir d’adolescent, mais après l’avoir revu il y a quelques mois je dois bien avouer qu’il est loin d’être aussi magique ou flamboyant que dans ma mémoire. Je n’ai toutefois pas pu me résigner à le classer dans une catégorie de films médiévaux-fantastique kitsch à laquelle appartiennent les Krull et autres Beastmaster (et qui feront l’objet d’un ou ou plusieurs Fivers c’est certain), car Willow reste un film particulièrement riche en idées réjouissantes et dispose d’un casting qui force la sympathique de son public. L’histoire tourne autour de Willow, un Nelwyn (petite personne), qui doit ramener un bébé à un Dalkini (grande personne), et sera aidé à la tâche Madmartigan, véritable guerrier professionnel. Cette aventure qui tournera rapidement en un affrontement épique entre le bien et le mal est dynamiquement mise en scène par Ron Howard et quelques scènes de poursuites et d’évasions sont particulièrement réussies. Warwick Davis est excellent dans le rôle de Willow et Val Kilmer s’en donne à coeur joie dans celui du barbaresque Madmartigan. Si Willow n’est pas une franche réussite, et si les effets spéciaux ont pas mal vieilli, il reste un film particulièrement fun à regarder, très imaginatif et qui mérite d’apparaître dans la collection de tout fan du genre.

Voici un film qui est passé très près de devenir un classique du genre, ne serait-ce que par l’incroyable qualité visuelle qui le caractérise. Ridley Scott a mis en image une oeuvre à la plastique très en avance sur son temps – doté d’un casting incluant un tout jeune Tom Cruise, Mia Sara et Tim Curry – et dont le coût des effets spéciaux et des décors avaient certainement englouti l’essentiel du budget. Ceci expliquant peut-être cela, Legend souffre d’un script plutôt faible et, on le sait maintenant, d’un travail de sape de la part du studio de production particulièrement conséquent dans le montage et les effets post-prod. L’arrivée d’une version Director’s Cut en 2002 donne à Ridley Scott l’opportunité de replacer Legend dans l’écrin qu’il aurait du avoir et le travail est particulièrement réussi : vingt minutes supplémentaires de scènes inédites et la musique prévue originellement et composée par Jerry Goldsmith. C’est un film plus complexe, beaucoup plus équilibré, et plus passionnant que nous redécouvrons. Bien sûr Legend ne devient pas pour autant un chef d’oeuvre sur un simple coup de baguette magique sur la table de montage, mais ainsi débarrassé des lourds oripeaux dont le studio l’avait affublé, le film semble réellement s’élever à un tout autre niveau. J’invite tout ceux qui ne le connaissait pas à le découvrir sous cette version, et je recommande vivement aux autres de le redécouvrir, cela vaut le détour.

Comments
2 Responses to “Jefferson’s Fivers – Part 8 / 1000”
  1. Jefferson says:

    Il y aura encore de quoi largement deux ou trois autres fournées du même style avec Dark Crystal, Stardust, le Dragon du Lac de Feu, L’histoire sans Fin, etc. Ca me donne envie de tous les revoir !

  2. Rob says:

    Legend, je me rappelle l’avoir vu au cinoche étant gamin. Cet énorme diable aux cornes immenses m’avait beaucoup impressionné. Je ne me rappelle plus tellement de l’histoire, faudrait que je le revoie…

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