Jefferson’s Fivers – Part 7 / 1000

A propos des Fivers :
Composer une filmothèque idéale, tel est l’objectif de ce serial-post dont les articles récurrents visent les milles épisodes (étalés sur 20 ans, il faut savoir rester raisonnable). A coup de vagues de 5 DVDs, qu’ils soient vieux ou récents, j’expose mes choix et leurs raisons. Du concentré de subjectivité en boite et la possibilité de se ballader au gré de l’histoire du cinéma de genre, du plus populaire au plus tordu. Je remonte dans les DVDs / Blurays que je possède déjà et j’y ajoute mes nouveaux venus au fil de l’eau. Sélectionnés par thème, période ou pioché au hasard, il n’y aucune volonté de notation ou de classement qualitatif dans l’ordre d’apparition des films au gré des articles (“Psychose” pourrait tout aussi bien être traité dans l’article 253 et rester l’un de mes films préférés).

Episode 7 : Les Vampires, première saignée.

Les vampires ont de tout temps été un matériau fidèle pour les cinéastes, de la répugnante silhouette du monstre vivant parmi les rats que Murnau a mis en scène dans Nosferatu il y a quatre vingt ans, aux vampires bios et bien-pensants de la série Twilight, ces immortels ont autant servi de véhicules à de solides récits d’horreur et d’action qu’a de plus subtiles critiques de la nature humaine et de la société qu’elle a engendré. En voici une première sélection, et ne vous inquiétez pas si vos favoris ne s’y trouvent pas encore car beaucoup d’autres suivront.


Je commence d’emblée avec ce qui est à mes yeux l’un des meilleurs films de vampires, toujours aujourd’hui. Je n’échangerai pas mon baril de Near Dark contre une vingtaine de Twilight. Meilleur film de Kathryn Bigelow (jusqu’au brillant Démineurs tout du moins), elle a su insuffler à cette histoire d’amour – teintée d’une cavale de gangsters dans la plus grande tradition seventies – un subtil mélange de poésie et de violence et nous présente ses personnages sans jugement moral. De la même manière que Caleb (Adrian Pasdar), le héros du film, nous tombons sous le charme de cette famille aussi barrée que soudée et suivons leur violent parcours au gré d’un script très travaillé qui entremêle érotisme et horreur, soutenu par de bons dialogues, une dose d’humour parfois salutaire, la musique de Tangerine Dream et surtout la superbe direction photo d’Adam Greenberg. Oliver Stone s’était déclaré prêt à produire n’importe quel projet de Bigelow dans la foulée de celui-ci (en l’occurrence ce sera Blue Steel). Pour ceux qui étaient passés à coté de ce petit chef d’oeuvre, rattrapez-vous.

Adapté d’un roman populaire d’Anne Rice écrit en 76, qui avait su renouveler le mythe du vampire gothique romantique, Entretien est une superbe fresque composée par Neil Jordan et dont Rice avait elle-même rédigé le script. Situé dans une Nouvelle-Orléans nocturne et menaçante, Jordan brouille les pistes comme il a souvent su le faire dans ses films et ne cesse de nous hypnotiser dans une ambiance unique, sombre et poétique, avant de nous réveiller brutalement d’un trait d’une grande violence. Tom Cruise incarne Lestat, vampire machiavélique si il en est, aux cotés de Louis (Brad Pitt), autre immortel qui refuse de se résigner à la violence, et de Claudia (Kirsten Dunst), femme enfant faîte vampire. Le trio de personnages est servi par une impressionnante interprétation (incroyable Kirsten Dunst qui avait onze ans lors du tournage). Et si les préjugés avaient été très violents à l’époque de l’annonce de Cruise dans le rôle titre, ce sont les mêmes qui changèrent d’avis lors de la sortie du film, Anne Rice la première publia un mea-culpa de deux pages dans un journal à grand tirage. Je n’ai pas revu le film depuis pas mal d’années et j’avoue être curieux de vérifier si j’en dirai toujours autant de bien maintenant.

Je souhaitais faire apparaître Daybreakers dans ce Fivers car ce film a été une très bonne surprise pour moi et il est le seul film de vampire qui sort du lot dans la vague actuelle qui est aussi abondante qu’insipide (si je dois voire un autre Twilight, je me mutile). Ecrit et réalisé en binôme par les frangins Sierig (qui avait déjà pondu Undead, film moyen mais très fun), Daybreakers sent bon la série B intelligente. Le film est un thriller d’action tendance science-fiction doublé d’un commentaire social bien cynique, qui tombe plutôt dans le mille dans cette période de crise financière sans précédent. Dans un monde où les vampires sont devenus l’espèce dominante de la planète, les humains sont en voie de disparition et survivent à peine. Charles Bromley (Sam Neill) incarne le CEO de la puissante multinationale qui a su industrialiser la distribution du sang humain et travaille à une alternative synthétique. Il emploie Edward Dalton (Ethan Hawke) un scientifique en proie à de sévères doutes sur la condition des humains qui mettra ses compétences au service d’un groupe de résistance humain cherchant à sauver leur espèce du joug vampirique et dont Lionel Cormac (Willem Defoe) est à l’origine. Cet excellent trio de tête dans le casting est un des indéniables atouts du film.

Sorti à peu près en même temps que Entretien, film trop peu connu en France du mexicain Guillermo del Toro (Hellboy 1 et 2, le labyrinthe de Pan), Cronos est un très intéressant exercice de style horrifique autour du thème de l’immortalité. L’histoire tourne autour d’un appareil en forme de scarabée – le fameux Cronos – construit par un alchimiste au XVIe siècle, qui sera découvert par Jesus, un antiquaire. En manipulant l’objet, Jesus l’active et se fait piquer par l’espèce d’insecte qu’il renferme. L’un des effets sera de redonner une nouvelle vigueur à l’homme, le rendant immortel au passage. Mais le prix à payer sera rapidement très élevé et se matérialisera non pas par de quelconques changements physiques, mais par une terrible addiction au sang humain. Del Toro parsème quelques scènes terribles mettant en abîme le prix à payer de cette immortalité et se joue des poncifs des films de vampires traditionnels. Si le climax du film n’est pas trop à la hauteur du reste, on se trouve tout de même devant un sympathique ovni du film vampiresque qu’il serait dommage de ne pas découvrir.

Voici un autre film récent sur le thème qui nous intéresse et où le Vampire est ici bien plus proche du monstre que de l’humain. En racontant l’histoire de cette petite ville d’Alaska qui devient le terrain de chasse d’une bande de suceurs de sang durant la longue nuit hivernale, David Slade balance tous les clichés du genre par dessus bord et fabrique un film de monstres énergique et violent, plus dans la veine de The Thing que de Entretien. Ici point de Lestat ou de Louis qui mordent en prenant la pose, mais une belle bande de vicieux salopards motivés pour démembrer leurs victimes et déchirer des gorges à pleines mâchoires. Si la réalisation est parfois un peu bordélique, le film aligne les prouesses esthétiques et se montre jusqu’au-bout-iste dans sa violence graphique. Josh Hartnett et Melissa George tiennent bien la cadence dans les premiers rôles et les vampires sont particulièrement bien servis, tant par leur aspect (mélange de maquillage traditionnel et d’images de synthèse) que par l’exotisme de leur nature (ils parlent notamment une langue inconnue qui peut faire penser à un ancien dialecte européen). Un bon défouloir, saignant à souhait.

Comments
6 Responses to “Jefferson’s Fivers – Part 7 / 1000”
  1. NicoB says:

    Et Vampire…vousavez dit vampire ?!

  2. Jefferson says:

    Of course mon général. Il est prévu dans une prochaine série. De même que Lost Boys dont je pensais que l’absence dans celui-ci t’aurai mis en colère 😉

  3. Jean Rat says:

    Très belle selection encore une fois, et des recommandations que je vais me hater de faire passer a Priscilla qui adore les histoires de vampires.

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