Jefferson’s Fivers – Part 4 / 1000

A propos des Fivers :
Composer une filmothèque idéale, tel est l’objectif de ce serial-post dont les articles récurrents visent les milles épisodes (étalés sur 20 ans, il faut savoir rester raisonnable). A coup de vagues de 5 DVDs, qu’ils soient vieux ou récents, j’expose mes choix et leurs raisons. Du concentré de subjectivité en boite et la possibilité de se ballader au gré de l’histoire du cinéma de genre, du plus populaire au plus tordu. Je remonte dans les DVDs / Blurays que je possède déjà et j’y ajoute mes nouveaux venus au fil de l’eau. Sélectionnés par thème, période ou pioché au hasard, il n’y aucune volonté de notation ou de classement qualitatif dans l’ordre d’apparition des films au gré des articles (“Psychose” pourrait tout aussi bien être traité dans l’article 253 et rester l’un de mes films préférés).

Episode 4 :

Une petite sortie de route pour aller découvrir des films que vous n’avez probablement pas tous vu. Les plus vidéophiles d’entre vous en auront vu un ou deux de cette liste. Personnellement je sais que j’adore me faire recommander ou trouver au gré des blogs et des forums des films de qualité dont je sais qu’ils n’ont pas eu une très grande exposition, bénéficie d’un culte plutôt discret ou dénote du potentiel d’un réalisateur ou d’un scénariste. Si vous pouvez trouver une ou deux pépites de ce genre qui vous conviennent au fil de cette série de posts, mon objectif sera atteint.

Repo Man

Le film barré par excellence. Cultissime morceau de satire punko-science-fictionesque représentatif d’une certaine sous-culture de Los Angeles dans les années 80, le film raconte les péripéties de Otto, jeune rebelle enragé (Emilio Estevez) qui trouve un job de “Repo Man” (terme qui vient de repossession) chargé de récupérer les véhicules aux traites impayées. Le job le fera errer dans un Los Angeles peuplé de personnages lunatiques aux cotés de son collègue Bud (incroyable Harry Dean Stanton dans son meilleur rôle selon moi). Avec en fond une superbe bande-son punk, ce film d’Alex Cox (qui a été visiblement une influence forte pour son métrage suivant – Sid et Nancy – toujours dans le punk donc) nous présente une faune incroyable avec une attention toute particulière sur des détails surprenants. Ah oui, on y trouve aussi une poignée d’aliens radioactifs dans le coffre d’une voiture. A classer auprès d’un Buckaroo Banzaï donc.

Boondock Saints

Soyons honnêtes ici, ce film est un vrai guilty pleasure. Il n’a majoritairement pas plu aux critiques professionels mais a obtenu une belle adhésion auprès d’un public prêt à se laisser vaguement enfler par une réalisation assez prétentieuse et un script too much. J’ai véritablement adoré Boondock Saints malgré une liste de défauts longue comme le bras. L’histoire, sur une timeline non-linéaire, est celle de deux frères irlandais (Sean Patrick Flanery et Norman Reedus), très accros au catholicisme façon cliché, qui se la jouent vigilante très porté sur la violence au milieu de Boston. Poursuivi d’un coté par un agent du FBI (joué par Willem Defoe qui vole la vedette à tout le monde ici) et de l’autre par un grand ponte du crime local. Troy Duffy en fait trop, mais c’est bon. Il en rajoute des tonnes avec des gunfights incessants, des pointes d’humour systématiques, des clichés alignés comme de bons petits soldats, des effets de style en veux tu en voila. Mais au final, c’est parfaitement jouissif et plutôt bien fichu. L’édition collector zone 1 apporte son intéressant commentaire audio.

Dazed and Confused

Le party movie est presque un genre à part entière. Dazed and Confused rassemble tout ce qui peut se faire de bien dans un teen movie, avec des touches de film d’auteur. Situé en 1976, le film nous plonge dans le contexte de la fin du lycée – avec le dernier jour de classe et la méga soirée associée. Quasiment dénué de scénario (il ne se passe pour ainsi dire pratiquement rien), le film est une tranche d’ambiance, presque issu de l’oeil d’un anthropologue qui décortique cette célébration de la stupidité mais appuyé par un humour vraiment bien adapté. Parsemé de célébrités en devenir (Milla Jovovich, Ben Affleck, Parker Posey, Matthew McConaughey), le film de Richard Linklater (dont Simon m’a rappelé qu’il faut voir Slacker – je l’ai bien noté) est savoureux et montre un véritable talent d’auteur. Kevin Smith n’est pas loin (on a même le plaisir de trouver Joey Lauren Adams). A consommer en plein été, avec une bière fraîche de préférence.

Neuf Reines

Les films d’arnaque ou de casse (les caper movies comme on dit par là-bas) représentent un genre risqué. Sur une faiblesse du scénario, de l’interprétation ou de la réalisation, un beau château de cartes patiemment monté dans la première heure du film peut s’effondrer d’un seul coup. David Mamet est souvent le premier nom qui vient en tête lorsque l’on pense aux grands faiseurs du genre. Neuf Reines (Nueve Reinas dans son titre original car le film est argentin) a débarqué dans cette petite cour et lui a redonné un véritable sang neuf. Se hissant immédiatement au niveau des scénarios les plus malins du genre, le film est étourdissant de maîtrise et de subtilité. Racontant l’association de deux arnaqueurs professionnels le temps d’une journée, le scénario – servi par une interprétation sans faille – nous ballade à coup d’illusions, tromperies et manipulations dans un cadre urbain très réaliste. On peut aussi trouver une certaine résonnance allégorique à ce film étant donnée la situation que l’Argentine a connu dans le début des années 2000.

May

May est différente. Par son apparence, par son comportement. May est bizarre. Sa meilleure amie est une poupée offerte par sa mère. Elle n’a pas eu une vie facile. Un beau jour, May décide de se venger. Des autres. Empreint d’une poésie sombre, interprété par la touchante Angela Bettis, réalisé avec beaucoup de talent pour un budget très très modeste, le film repose entièrement sur la connection que le spectateur peut éprouver avec le personnage de May. Particulièrement dérangeant, le film va assez loin dans les extrèmes mais il faut vraiment faire l’effort d’y percevoir la réalité poétique que Lucy McKee – scénariste et réalisateur – a insufflé dans ce projet. Loin d’être dénué d’humour, le film repose plus sur une horreur psychologique que graphique. Version moderne et bien plus sombe de Carrie – qui n’a pas bénéficié de la diffusion qu’il aurait mérité – je pense que May traversera bien les âges et deviendra peu à peu un classique du genre.

Comments
3 Responses to “Jefferson’s Fivers – Part 4 / 1000”
  1. Robson says:

    Un cool aperçu qui donne envie de voir quelques uns de ces films. Je serais plus tenté par May, certainement parce que je suis facilement ému ;P

  2. Nico says:

    La vache ! J’en ai vu aucun !

  3. Jefferson says:

    T’en fais pas Nico, je ferai des spéciales “Western” et tu pourras te défouler enfin 😉

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