Jefferson’s Fivers – Part 3 / 1000

A propos des Fivers :
Composer une filmothèque idéale, tel est l’objectif de ce serial-post dont les articles récurrents visent les milles épisodes (étalés sur 20 ans, il faut savoir rester raisonnable). A coup de vagues de 5 DVDs, qu’ils soient vieux ou récents, j’expose mes choix et leurs raisons. Du concentré de subjectivité en boite et la possibilité de se ballader au gré de l’histoire du cinéma de genre, du plus populaire au plus tordu. Je remonte dans les DVDs / Blurays que je possède déjà et j’y ajoute mes nouveaux venus au fil de l’eau. Sélectionnés par thème, période ou pioché au hasard, il n’y aucune volonté de notation ou de classement qualitatif dans l’ordre d’apparition des films au gré des articles (“Psychose” pourrait tout aussi bien être traité dans l’article 253 et rester l’un de mes films préférés).

Episode 3 :

Continuons un bout de marche dans les années 80, dans un rayon fantastique plutôt orienté science-fiction avec cinq piliers du genre. Nous sommes ici dans les choix évidents et difficilement contestables. Pas de crainte toutefois que je reste toujours dans un ton aussi élogieux car sur mille épisodes j’aurai longuement l’occasion de parler de films beaucoup plus confidentiels et pas aussi catégoriquement bons. Blade Runner, Terminator, Aliens, Robocop, The Thing : voilà pour le menu du jour.

Aliens - Le retour

Bon sang si seulement tous les blockbusters hollywoodiens pouvaient être aussi bons. Nous avons ici tout simplement le meilleur film de James Cameron. Oui, T2 et Titanic sont d’excellents films, mais Aliens frise la perfection dans son genre. Ici, rien n’est à jeter : le casting est impeccable (je suis fan de Bill Paxton dans ce film – “Game over, man ! We’re fucked now, man !” – sa scène finale est juste superbe), le script prend le temps d’installer l’action et de planter l’ambiance (les aliens ne sont visibles que dans la deuxième heure du film); les effets spéciaux sont de toute beauté et nous emmènent des créatures qui déchirent tout (littéralement). Et au-dessus de tout ça, nous avons un Cameron au sommet de son art. Les attaques des créatures sont réglées comme du papier à musique. La tension monte doucement et le film se déchaine dans une demie-heure épuisante pour le spectateur. Aliens représente sûrement le cocktail le plus réussi de science-fiction intelligente et d’action pur jus qu’Hollywood nous ait pondu. Rien que d’en parler j’ai envie de le revoir.

Blade Runner

Si le film a pris bien des libertés avec le roman de Philip K. Dick (“Do Androids Dream of Electric Sheeps ?”), il en garde toujours le thème essentiel : le doute de soi, le doute de la réalité. Au travers de Deckard, le traqueur de réplicants, et de ses cibles – des cyborgs pratiquement impossible à distinguer des humains – Ridley Scott nous impose avec un talent sidérant – et un budget pourtant très modeste ! – sa vision de ce futur pluvieux et crasseux, empreint d’une poésie sombre et d’une constante mélancolie. Comme il prend son temps (quel réalisateur pourrait encore se permettre aujourd’hui de faire un film de genre au tempo aussi lent ?), Blade Runner nous enveloppe dans son ambiance si particulière, nous kidnappe, nous leurre parfaitement grâce aux innombrables et discrètes pistes de réflexion laissées par le script, et nous garde dans son univers jusqu’à la dernière bobine. Libéré de la voix-off et du happy-ending inutiles dans ce Director’s Cut, le film gagne encore en puissance, et 25 ans après, la production de cinéma de science-fiction continue de courir loin derrière lui.

Terminator

Un film qui a propulsé les carrières de Cameron et Schwarzy encore inconnus à l’époque (Cameron venait de faire “Piranhas 2”). Armé d’un script à l’efficacité redoutable qu’il a écrit prétendant s’inspirer de l’un de ses rêves – la réalité étant qu’il s’est plutôt inspiré d’un épisode de “The Outer Limits” écrit par le très doué Harlan Ellison, Cameron a su donner un rythme idéal, campé sur celui d’un monster-movie (une attaque, un moment de répit, une attaque, un moment de répit, …) à ce thriller science-fictionnesque au cours duquel une jeune Sarah Connor traverse comme une sorte de sale journée. Les scènes d’action sont redoutables et certaines restent dans toutes les mémoires (l’attaque du commissariat est parfaite – et la scène a inspiré plus d’un réalisateur par la suite). Michael Biehn n’a jamais été meilleur que dans le rôle de Kyle Reese et campe une relation très crédible avec sa prôtégée. Toutefois de cette course-poursuite infernale il en restera surtout une icône de bad-guy devenu universelle depuis, incarné – plutôt physiquement – par un Schwarzenegger juste parfait dans ce rôle.

The Thing

Alors que le monde du cinéma baignait encore dans le E.T. de Spielberg où les extra-terrestres étaient aussi dangereux et moches que des crapauds, John Carpenter, fidèle à lui-même, a choisi de débarquer au milieu de la fête avec ses gros sabots et de leur jeter The Thing dans la tronche. Les critiques le lui avaient d’ailleurs bien rendu en qualifiant son film de trop sanglant, horrible, écoeurant, etc. Pourtant que des qualités si vous voulez mon avis. Remake bien supérieur à son homonyme de 1951, c’est un film intense, claustrophobique, à l’horreur viscérale et particulièrement dérangeante. Dans une ambiance de peur, de trahison et de paranoïa, Big John en fait baver à son groupe de scientifiques paumés au milieu de l’Antarctique – Kurt Russell en tête – avec un talent et un sadisme inouïs. Dès la splendide scène d’ouverture – capable d’instiller une impression de menace à partir d’une imagerie extrèmement simple – le film repose intégralement sur cette ambiance si délicate à maintenir pour tout scénariste et réalisateur. The Thing est le chef d’oeuvre du bonhomme.

Robocop

Grand thème classique de la SF, la satire sociale se voit ici représentée par un savoureux exercice de notre hollandais préféré. Même si la musique, les coupes de cheveux et les costumes ont pris un coup de vieux, le sujet du film de Verhoeven est plus que jamais d’actualité avec une société dévorée par les multinationales et obsédée par la consommation et les médias. Sous des allures de film engagé, Robocop n’est pas un film cérébral pour deux sous mais du bon matériau de série B tombé dans de bonnes mains et sublimé pour devenir un bijou pour cinéphile dans la droite ligne d’un Terminator. Ici on est dans le méchant, l’efficace, le sans-limite, l’immoral. Peter Weller est excellent, mais surtout Kurtwood Smith et Ronny Cox nous pondent deux portraits de bad guys mémorables. Au-milieu de tout ça, le flic vengeur shoote absolument tout le monde, et les scènes cultes s’accumulent : du cadre sup qui se fait dézinguer en plein conseil d’administration aux animations en stop-motion des bipodes ED-209. Robocop est un film jouissif et jusqu’au-boutiste.

Comments
3 Responses to “Jefferson’s Fivers – Part 3 / 1000”
  1. William says:

    je n’ai jamais vu the thing mais les trois premiers films que tu cites sont en effet excellents (un peu plus de réserve pour robocop)

  2. Nico says:

    Ah ! Blade Runner ! Du grand art de la première à la dernière minute…Scott n’a jamais réussi a réitérer son coup de maître.

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  1. […] enchaîné avec le mythique Aliens de Cameron. Le fait d’en avoir reparlé dans mon Fivers #3 m’a juste trop donné envie de le revoir. Ce film déchire tout. Des films qui prennent ainsi […]



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