Jefferson’s Fivers – Part 2 / 1000

A propos des Fivers :
Composer une filmothèque idéale, tel est l’objectif de ce serial-post dont les articles récurrents visent les milles épisodes (étalés sur 20 ans, il faut savoir rester raisonnable). A coup de vagues de 5 DVDs, qu’ils soient vieux ou récents, j’expose mes choix et leurs raisons. Du concentré de subjectivité en boite et la possibilité de se ballader au gré de l’histoire du cinéma de genre, du plus populaire au plus tordu. Je remonte dans les DVDs / Blurays que je possède déjà et j’y ajoute mes nouveaux venus au fil de l’eau. Sélectionnés par thème, période ou pioché au hasard, il n’y aucune volonté de notation ou de classement qualitatif dans l’ordre d’apparition des films au gré des articles (“Psychose” pourrait tout aussi bien être traité dans l’article 253 et rester l’un de mes films préférés).

Episode 2 :

L’un des aspects que j’apprécie particulièrement dans le cinéma des années 80 est la vague de comédies d’aventures tendance fantastique aux scripts complètement allumés qui aura traversé cette décennie. Servis par des effets spéciaux suffisamment évolués pour être toujours appréciables de nos jours (Star Wars avait placé la barre très haut quelques années auparavant), des univers parfaitement décalés, des personnages tous plus dingues les uns que les autres et surtout une génération de réalisateurs au talent grandissant (John Carpenter, Joe Dante, Robert Zemeckis, Tim Burton, Steven Spielberg et les autres). Les trentenaires actuels ont tous rêvé au moins une fois devant un Goonies, Gremlins, Jack Burton, Buckaroo Banzaï et consorts. Voici une première sélection piochée dans le tas, et soyez sûr que nous reviendrons rapidement sur ce terrain dans de prochains épisodes.

Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin

Je suis un fan absolu de Jack Burton. Je ne me lasse pas de ce film qui représente pour moi la quintessence du film fun, fait par des gens de qualité dont on sent qu’ils ont pris un réel plaisir à accoucher de cet ovni. Il fallait oser vouloir raconter les aventures d’un routier américain qui se retrouve embarqué dans des luttes mystiques en plein coeur de Chinatown. John Carpenter s’est approprié le sujet comme un gamin devant un buffet de confiserie. Il a pioché dans toutes les directions, et l’a fait avec talent. Le film est rythmé, toujours drôle, bourré d’inventivité et réalisé de main de maître. Et surtout Kurt Russell is the man. Ce mec est plus cool qu’une demie-douzaine de Fonzies réunis. Kurt Russell est l’homme de toutes les situations, qu’on se le dise. L’édition collector du film est à ne pas manquer pour le commentaire audio qui rassemble Russell et Carpenter. Les deux bonhommes parlent de tout, et finalement assez peu du film. Imaginez deux potes de longue date qui se retrouvent autour d’une bière pour se raconter leurs conneries du passé. Indispensable.

Gremlins

Joe Dante est un réalisateur trop sous-estimé et assez passionnant dans sa filmo. Parallèlement à la carrière d’un Spielberg qui a abordé les sujets du merveilleux dans ses films, il a bâti des films qui démarrent toujours ancrés dans le merveilleux pour terminer dans le cauchemar. Spielberg n’est venu que bien plus tard sur ce terrain (avec “A.I.” et “Minority Report” notamment). Pour Joe Dante c’est l’égoïsme de l’homme qui l’emmène à souiller tout ce qu’on peut lui confier de beau, postulat illustré par ces petites créatures qui se transforment en monstres sous certaines conditions. Gremlins est un film à l’humour noir féroce sous des atours de conte de Noël, monté sur un tempo progressif qui nous emmène jusqu’au pétage de plomb général des dernières scènes. J’en ai un souvenir touchant et je trouve qu’il n’a pas vieilli tant que ça. De plus, je deviens moi-même assez pénible quand on me file à bouffer après minuit. Ceci explique peut-être cela.

Beetlejuice

Deuxième long-métrage de Tim Burton après son job d’animateur chez Disney, Beetlejuice nous présente le personnage le plus drôle de la galerie de freaks qui peuple l’imaginaire du réalisateur. C’est encore un script des plus barrés qui nous permet de suivre les évolutions post-mortem d’un couple de jeunes mariés au gré de leurs rencontres avec la population d’outre-tombe, dont le fameux Beetlejuice, et les nouveaux priopriétaires de leur maison. Tim Burton nous démontrera avec talent alors que les plus barjots ne sont pas forcément ceux que l’on pense. Chaque image est superbe comme toujours avec lui, mais le film apporte aussi une poésie horrifique sympathique et quelques scènes cultes (la salle d’attente outre-tombe, la danse autour de la table et j’en passe). Et surtout il y a Michael Keaton, dans son rôle le plus drôle, et peut-être dans l’un de ses meilleurs rôles tout court. Avec des dialogues savoureux, Keaton s’en donne à coeur joie et se lâche complètement. Je l’ai revu récemment et le film n’a pas vieilli d’un iota.

SOS Fantômes

Il y a eu une période (lointaine) où avec deux de mes amis nous étions capable de réciter une bonne partie des dialogues de ce film tellement nous l’avions mangé en long en large et en travers. La lointaineté (?) de cette période a fait que c’est avec la version française que j’ai découvert et adoré ce film, allant à l’encontre même de mon jusqu’au-bout-isme / extrémisme actuel sur le refus total du doublage. SOS Fantômes a été écrit par deux briscards de la comédie : Harold Ramis et Dan Ackroyd (le second, aussi auteur des Blues Brothers, est une grande plume de la belle époque du Saturday Night Live) et ça se sent : l’humour est omniprésent et fait mouche à chaque fois. Servi par un casting en or (Bill Murray est juste excellent), l’histoire nous fait traverser des scènes qui vont du n’importe quoi au simple délirant. La réalisation est à la hauteur et les effets spéciaux avaient pas mal fait parler d’eux à l’époque (notamment la scène finale et sa consommation électrique légendaire). SOS Fantômes est l’une des meilleures comédies fantastiques de tous les temps. Point barre.

Retour vers le Futur - Trilogie

Peut-être le plus “sérieux” des films de cette page car doté d’un budget très conséquent à l’époque, Retour vers le Futur (premier du nom) reste un film dont la justesse du mélange entre les éléments de comédie, de science-fiction et de suspense reste exemplaire. Le script est ciselé comme de la dentelle et le premier film est à mon sens presque exempt de défaut (toute affaire de goût mise à part). Les deux suites ne peuvent pas prétendre à la même qualité mais restent d’un niveau suffisant pour former une trilogie essentielle dans le cinéma populaire américain. Robert Zemeckis prouvera par la suite avec Forrest Gump qu’il ne s’agissait pas d’un accident. Retour vers le Futur pourrait passer pour un simple film “popcorn” de grande qualité, mais au fil des visions on s’aperçoit qu’il est définitivement bien plus que ça : tant au niveau de son sujet et de ses sous-entendus, que de la réalisation. Certaines scènes d’action restent à ce jour parmi les plus intelligemment réalisées.

Comments
6 Responses to “Jefferson’s Fivers – Part 2 / 1000”
  1. Simon says:

    Ah en voilà une sélec’ qu’elle est bien. Sauf peut-être le premier film que je n’ai pas vu mais qui me tente bien d’un coup.

    En même temps, t’as tapé dans les 80’s et étant de 1980, ça fait parti des films que j’ai vu à la tv étant gamin.

  2. Ron says:

    Tu m’as bien donné envie de revoir Jack Burton, j’en ai des souvenirs un peu diffus !

  3. Robson says:

    Je confirme que le premier “Big trouble in Little China” est un must see. La VHS tournait en boucle à la maison sur ce film quand j’étais gamin. Je pensais qu’il était méconnu mais pas tant que ça apparemment…

  4. Byron says:

    Sympa le flashback !

  5. Nico says:

    Je me retrouve naturellement à 120% dans cette sélection !
    J’ajouterai juste une petite référence perso comme équivalent à Jack Burton : Les Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension . Incontournable.

  6. Lah says:

    +1 pour le cultissime jack burton 🙂

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