Twilight : Eclipse


Twilight : EclipseGenre :

Suppositoire romantique.

Verdict :
Ce flim n’est pas un flim sur le romantimse, ni sur une éclispe.
1 / 5
Pichte :

Bella est amoureuse d’Edward. Edward est très beau, très pâle et mange bio. Bella est aussi amoureuse de Jacob. Jacob est très beau, très musclé et ne trouve jamais de tee shirts à se mettre. Du coup elle hésite beaucoup et longtemps. Tout à coup, le film se termine.

Ma (très) discutable opinion :

J’ai hésité avant de poster une critique du troisième volet de la fresque Twilight. Dans la catégorie des coups d’épées dans l’eau, s’attaquer à cette saga, et plus particulièrement à cet épisode, est plutôt bien classé. D’un coté les fans hardcore des vampires écolos péniblement tirés des bouquins de Stephenie Meyer n’iront pas lire la moindre critique s’en prenant à leurs protégés (étant moi-même diplomé de mauvaise foi lorsque l’on s’en prend à mes favoris je n’ai pas de mal à me mettre à leur place), et d’un autre coté les défauts du film pour les néophytes et la plupart des spectateurs lambda sont tellement évidents et ont été tellement débités sur des kilomètres de blogs et autres sites web que j’ai un peu l’impression de tirer sur l’ambulance. Mais bon, comme j’ai fait l’effort de le voir et de prendre quelques notes ce faisant, je me suis dit que j’allais quand même en remettre une couche.

Je ne fais pas partie de ceux qui critiqueront le film car ils auront fait un rejet sur Twilight de par sa réputation de romans adolescents tendance eau-de-rose et plutôt destiné à un public féminin. Si j’admet ne pas avoir lu les bouquins (et n’ai certainement pas l’intention de le faire), j’ai plutôt trouvé le premier film supportable et était près à donner à la série le bénéfice du doute : le traitement des amours adolescentes semblait pris avec une certaine subtilité, le film ne tombait pas dans le spectaculaire facile et j’étais dans un bon jour. Par ailleurs, et même si je ne l’admettrai jamais et encore moins dans un blog, j’aime beaucoup les films romantiques de qualité – avec visiblement une conception du romantisme différente de celle dépeinte dans les trois films. Si je devais faire là maintenant un fivers de films romantiques ce sont les films suivant qui me viennent en tête : Before Sunrise, Casablanca, Breakfast at Tiffany’s, Titanic et The Notebook.

Twilight : EclipseMaintenant que j’ai pris toutes les précautions d’usage pour justifier ma mauvaise foi, je peux commencer à balancer.

Si le titre original (“Eclipse”) reste anodin, le titre français aura eu le mérite de donner l’une des rares affiches capable de raconter d’un coup d’oeil l’intégralité de l’histoire du film qu’elle illustre : on y trouve Bella, personnage féminin principal, encadrée par Jacob (le loup-garou) et Edward (le vampire). Et au milieu le titre : “Hésitation”. Avec ça vous avez toute l’histoire. Plutôt subtil non ?

Le spectateur a droit durant deux heures aux tergiversations existentielles d’une héroïne totalement dénuée de personnalité, soumise à l’influence de deux prétendants à l’égoïsme flagrant. Le film commence immédiatement après la fin du second épisode, et se termine exactement au même endroit. Inutile de chercher un scénario où le moindre rebondissement. Quelques scènes semblent bien parler d’une petite armée de vampires débutants montée par une rousse qui cherche à s’en prendre à Bella et son orchestre pour une raison qui m’a échappée et qui intéressera encore moins le spectateur.

Parmi les gâchis du film, il y a le talent des actrices, Kristen Stewart (Bella) en tête. Stewart semble être une excellente actrice, il suffit de regarder The Runaways sorti cette année pour s’en persuader. Son jeu est le seul élément lumineux du film. Et l’on souffre pour elle en la voyant peiner à donner du relief à des situations affligeantes. J’avais l’impression de lire “mais par pitié sortez moi de là” dans ses yeux. Son personnage, Bella, est l’un des personnages féminins les plus impuissants que l’on ait vu au cinéma depuis longtemps. Sous couvert d’un romantisme de facade et d’amours adolescentes, elle se retrouve à choisir entre la peste et le choléra, avec Jacob d’un coté qui abrite littéralement un animal sauvage en lui et lui promet une relation aux risques d’excès de violence, et Edward pour qui les conditions d’entrée à la vie commune sont claires : il faut se marier et mourir.

Twilight : Eclipse“Pas de mariage, pas de fricotage”, annonce Edward à Bella. Car l’abstinence est l’un des bastions de moralité que le film défend. Edward est un gentleman façon Angleterre victorienne. Ce qui aurait pu être un message intéressant sous un autre traitement rejoint ici un ensemble générant un film si politiquement correct, si inoffensif, avec une héroïne si passive, que cela donne parfois envie de hurler. Le film se censure aussi visuellement : pas le moindre effet sanglant lors de ce qui est censé être la scène d’action du film avec un combat mettant en scène une tripotée de vampires et de loups-garous. Lorsque les vampires sont blessés, leurs membres se cristallisent et se cassent proprement comme si ils étaient en verre. Il ne faut surtout pas choquer le public de bonne famille. Même les mises à morts sont chiantes dans ce film !

L’une des raisons qui m’a fait avoir un peu plus d’espoir dans ce troisième opus est le choix du réalisateur. David Slade avait commis coup sur coup deux films très respectables : Hard Candy qui mettait en scène une héroïne adolescente à la forte personnalité, à l’opposé de Bella, et 30 days of Night, autre film de vampires mais celui-ci doté de beaucoup d’énergie et d’un formalisme brillant. Avec de tels baggages on aurait pu croire que la franchise serait un peu secouée, à la manière de Harry Potter avec le Prisonnier d’Azkaban.Espoir déçu donc, la réalisation est d’un classicisme confondant et particulièrement statique. Les rares scènes d’action sont molles du genou (même si les loups-garous de synthèse sont très réussis).

La saga se terminera l’an prochain par une pirouette commerciale en deux épisodes, à l’instar de la série des Harry Potter. Procédé bien sûr dramatiquement difficilement justifiable, mais économiquement rentable. Vu la soupe que nous aura servi cet épisode je ne pense pas que je ferai l’effort d’aller plus loin. Bella peut finir avec le mort-vivant ou le saint-bernard, ou se faire un plan à trois si elle le souhaite, pour ma part j’en ai fini avec la Barbara Cartland des vampires. Sur ce, je vais aller me refaire Near Dark.

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