Scott Pilgrim vs The World (2010)


Scott Pilgrim vs The WorldGenre :

Epic Awesomeness.

Verdict :

Véritable orgie visuelle au service d’un slacker movie particulièrement réussi.

4/5
Pichte :

Scott Pilgrim sort avec Knives, une lycéenne toute mimi. C’est cool. Il joue aussi de la basse dans un groupe, les Sex-Bob-Omb. Plutôt cool aussi. Mais lorsque Scott rencontre Ramona, tout devient awesome car Ramona est belle, over the top, indépendante on the edge et change de couleurs de cheveux toutes les semaines et demie. Scott jongle un peu entre Knives et Ramona. Uncool. Dans la vie de Scott, le monde est un jeu vidéo dans lequel il faut dégommer les bosses de fins de niveau pour accéder à l’être élu. Un peu comme dans la vraie vie en fait. Scott doit donc affronter la Ligue des Sept Ex Maléfiques. Flippant. A coups de tatanes spectaculaires Scott va se charger des anciens petits amis de Ramona. Trop épique. Le monde appartient aux geeks. Il était temps.

Ma (très) discutable opinion :

Adapté du comics en six épisodes du canadien Bryan Lee O’Malley, Scott Pilgrim est le troisième long-métrage réalisé par le britannique Edgar Wright. Quelques mots sur ce gentleman tout d’abord. Même si le bonhomme n’avait pas besoin de ça au regard de ses deux précédents films, celui-ci le posera définitivement en tête de liste des cinéastes les plus adulés par les geeks de ce monde. Et si par un terrible coup du sort vous n’avez pas encore vu Hot Fuzz et Shaun of the Dead, foncez rectifier cette erreur car ce sont deux brillants films-hommages au cinéma de genre que Wright a réalisé mais aussi co-écrit avec son complice Simon Pegg (par ailleurs acteur dans les deux films). Ce sont deux films qu’il faut se passer en boucle jusqu’à ce que mort s’en suive. Et si ce n’est pas suffisant, allez donc engloutir la délirante série télévisée anglaise Spaced (là encore provenant du même duo).

Scott Pilgrim vs The WorldEt il fallait bien le talent de Wright (sans Pegg cette fois ci) pour faire naître cet espèce de paradis pour geek, improbable patchwork de morceaux de comics, de jeux vidéos, de musique rock et d’attachants losers. Sur la base d’un scénario qui pourrait tenir sur un ticket de métro (peut-être par ailleurs le seul défaut du film), le film nous embarque avec une facilité déconcertante dans l’histoire de ce slacker-loser-rocker qui va briser sa coquille de Calimero pour devenir le champion prêt à affronter tout ceux qui se mettront entre sa dulcinée et lui. Et ça va faire du monde.

Visuellement, le film est bien à la hauteur de ce que tout le monde attendait après s’être repassé en boucle les bandes-annonces disponibles quelques mois avant la sortie. Wright compose un univers dans lequel on retrouve la mise en scène du comics dont il est inspiré et qui est littéralement transposée pour certaines scènes – là j’avoue me baser plutôt sur l’avis de nombreux autres internautes n’ayant pas moi-même lu le matériau d’origine. Les images sont régulièrement ponctuées d’onomatopées, de pop-ups balançant des informations façon ‘fiche d’identité Facebook’ sur les différents protagonistes, d’éléments de jeu vidéo, de graffitis et autres petits gribouillages explicatifs. Et le tout avec un naturel et une fluidité surprenante : ce qui aurait pu être rapidement très lourd ou confiné à de simples artifices visuels en d’autres mains devient ici partie intégrante du récit et sert constamment le script. Tous ces gimmicks visuels permettant une économie de dialogues, de voix off ou autres outils narratifs plus traditionnels, l’histoire peut se permettre d’avancer à un rythme délirant sans perdre son public en route. Et pour aller au bout de la démonstration de talent que cela représente, j’ai pu constater que cela fonctionne aussi bien auprès d’une audience qui n’est pas particulièrement initiée à ces codes de la culture geek (par ailleurs de plus en plus répandus).

Wright se paie aussi le luxe de construire des scènes d’actions spectaculaires et jouissives, entre le manga et les comics de super-héros. Les combats que traversent Scott se suivent et ne se ressemblent pas (ou pas tant que ça). Comme dans les jeux vidéos, les adversaires ont chacun leurs gimmicks et leurs points faibles et il faut varier les plaisirs pour les vaincre. Les décors en prennent pour leurs grades et les hommages visuels aux Tekken, Mortal Kombat et autres Street Fighter pleuvent.

Scott Pilgrim vs The World

Au-delà de l’éclatante réussite visuelle, SPvTW est avant tout une comédie, romantique peut-on ajouter, très réussie. Les dialogues et les situations fonctionnent sans temps morts, le film fait preuve d’un équilibre très travaillé entre humour, action délirante et poésie. Le personnage de Scott (Michael Cerra) est rendu profondément sympathique à la fois par une écriture sincère le présentant au début du film comme un loser pas très réglo avec ses conquêtes et dévoilant plus de profondeur et de coeur au fur et à mesure de l’histoire, et grâce au talent de son interprète. Même si il semble éternellement condamné à endosser le costume du geek attachant depuis Arrested Development (à ne pas rater par ailleurs), Cerra est toujours parfaitement dans le ton et on ne se lasse pas de son numéro. Le duo qu’il forme avec Ramona (Mary Elizabeth Winstead) sonne juste.

Et que dire des seconds rôles tellement les personnages réussis sont nombreux. Difficile pour moi qui ne connaît pas le comics de vraiment trancher la paternité de cette réussite entre Edgar Wright et Bryan Lee O’Malley, mais on se retrouve avec une galerie des bras cassés des plus somptueuses. Si la bande de potes de Scott est très réussie (Kieran Culkin dans le rôle du colocataire confident gay est mon préféré), c’est bien la brochette des adversaires de Scott qui cassent le plus la baraque. Littéralement parfois. Pour n’en citer que trois : Chris Evans qui incarne un skater action-star égocentrique, Brandon Routh en vegan doté de pouvoirs psychiques et Jason Schwartzman en boss ultime de fin de niveau. Rien n’est à jeter. Difficile de mettre le film en défaut, et si je dois trouver un bémol c’est sur le scénario en lui-même que j’aurai aimé voir un peu plus étoffé. Wright a très certainement simplifié le parcours de l’histoire d’origine pour laisser de la place au déferlement de séquences où prévaut le visuel. Au regard du résultat, on ne peut s’en plaindre longtemps.

SPvTW était attendu comme le messie par une bonne tripotée de geeks, et Wright a pu mettre tout le monde d’accord avec un film généreux et inventif : si nous savions tous qu’écouter du rock, jouer aux jeux vidéos et lire des comics était évidemment cool, le reste du monde en est maintenant conscient lui aussi. Epic win !

Comments
21 Responses to “Scott Pilgrim vs The World (2010)”
  1. Simon says:

    Très bonne critique et je suis d’accord avec toi sur la réalisation.
    Mais contrairement à toi, j’avais lu les 3 premiers tomes du comics avant de voir le film.

    Première remarque, plusieurs gimmiks du comics se retrouvent dans le film. Et effectivement, les petits tags descriptifs des personnages sont parmi les meilleurs ressorts comiques du comics.

    Ensuite, concernant le scenario, j’avais peur en voyant le film de me “spoiler” la seconde moitié du comics (6 tomes en tout) et si le scenario est très fidèle aux premiers tomes (nécessaire à mon sens pour mettre la trame en place), la seconde moitié diverge vraiment ensuite, surement pour ne pas faire un film de 3 ou 4h.
    Les 2 trames scénaristiques se valent à mon sens.

    Le génie du film se trouvent à mon sens dans le casting qui est juste parfait à une exception : le rôle principal.
    J’adore Michael Cerra et il rends une très bonne copie dans ce film, mais j’aurais probablement choisi quelqu’un d’autre. Il ne colle pas totalement à l’image que je me suis fait du personnage en lisant le comics. Il est parfait pour le côté Calimero mais a du mal à s’élever au niveau de “Bad Ass” lors des combats de boss 😉

  2. Jefferson says:

    Tiens ça me donne quand même envie de lire la BD car ta remarque sur le casting de Cerra m’intrigue ! 🙂

  3. Simon says:

    Petite note geek : comment je me la pète avec mon avatar. Merci gravatar.co 😉

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