The A-Team (2010)


A-TeamGenre :

Bruyant foutoir.

Verdict :

Il fallait le faire : un actioner hollywoodien à gros budget dans lequel rien n’est à sauver. Ou si peu.

Pichte :

Hannibal, Barracuda, Futé et Looping se font piéger très fort par un loustic de la CIA après huit ans de service en tant que Meilleur Commando d’Unité d’Elite des Forces Spéciales des Marines du Monde Libre. Heureusement Hannibal a toujours des plans à la con plein les poches pour sortir le groupe de toutes les situations, même les plus ridicules. A l’issue d’un concours de cascades aériennes, de descentes en rappel et d’explosions pleines de bruits, le Monde Libre retrouvera son équilibre, la CIA dira qu’elle est toute désolée et qu’elle a pas fait exprès et la team Alpha sera prête à repartir pour de nouvelles aventures et de nouvelles explosions.

Ma (très) discutable opinion :

Comme beaucoup de gens l’ayant vue en étant assez jeunes, j’ai de sympathiques souvenirs de la série d’origine. Sans l’avoir suivie assidûment, je pense qu’elle avait un charme sympathique par un mélange d’action, de personnages iconoclastes, de violence et d’un air de ne jamais se prendre au sérieux. C’est le cocktail que l’on s’attend donc tout naturellement à rencontrer dans ce film, et l’on sent vraiment que quelque part au fond de son script se trouve bien l’intention de s’en rapprocher. Si seulement les bonnes intentions faisaient toujours les bons films…

A-TeamPar où commencer ? Peut-être par le matériau d’origine, le script, qui pouvait se contenter d’une heure d’exposition pour être emballé, et que l’on a étiré péniblement sur plus de deux heures. Et si l’on peut excuser la simplicité du scénario pour un film du genre attendu ici, il est impardonnable de ne pas y trouver le moindre soupçon d’intelligence dans l’écriture, de cohérence dans les événements ou de complicité établie avec le public. L’humour y a été confiné dans les grimaces de Murdock (Futé), et les one-liners tombent tous à plat. Tous.

Le casting de l’équipe n’est pas une réussite non plus. Si la présence de Liam Neeson fait plutôt honneur au personnage d’Hannibal, et si Sharlto Copley force une certaine sympathie dans le rôle de Murdock (Looping), je trouve que Bradley Cooper livre ici son personnage récurrent et n’a pas le charisme nécessaire pour incarner Face (Futé). Mais le pire reste tout de même Barracus (Barracuda), que Quinton Jackson va littéralement tourner en ridicule – bien loin du second degré qu’apportait Mister T. La moindre pub pour Snickers dans lesquels celui-ci reprenait son rôle d’origine montrait un Barracuda plus convaincant que l’intégralité du film dont nous parlons ici. Et coté personnages secondaires, nous avons droit à quelques caricatures surjoués (Pike et Lynch), avec la palme décerné au Capitaine / Lieutenant incarné par Jessica Biel, censé être “l’enjeu amoureux” de l’histoire, et qui incarnera ici le boulet du film.

A-TeamOn pourrait alors se rattraper sur le leitmotiv de ce genre de film : l’action. Et si le réalisateur arrive à nous faire lever une ou deux fois les sourcils pour regarder quelques scènes d’acrobaties aériennes à bon potentiel – notamment la première scène d’action en hélicoptère qui est pas mal troussée, nous sommes tout de même plutôt face à une bouillie d’explosion et de cascades dont le montage approximatif éteint la moindre mèche qui commence à prendre. Toutefois ceux qui aiment que l’on jette par la fenêtre les lois de la physique les plus élémentaires apprécieront la scène du tank en chute libre, qui – aussi mal réalisée soit-elle – m’a tout de même fait pas mal marrer.

The A-Team aurait pu être un de ces divertissements over-the-top dont Hollywood a le secret. Il n’en est rien, et l’on a plutôt l’impression d’avoir l’oeuvre d’un réalisateur dépassé par le budget de son film ou bousculé par ses producteurs, et un montage qui aurait même fait reculer Michael Bay. Pas grand chose à garder donc, et une vraie déception lorsque l’on pense au matériau d’origine.

Dans le même genre je recommande plutôt The Losers, lui aussi sorti en 2010 et qui – sans être un chef d’oeuvre – place la barre trois crans plus haut qu’ici qualitativement.

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