Death Proof (2007)

Death Proof

Genre :

Funky Crash

Verdict :

Deux superbes scènes d’actions noyées dans des dialogues pompeux au possible. On retiendra un Kurt Russel excellent et un Tarantino décevant.

small_2.gif
Pichte :

Kurt Russell est Stuntman Mike, un cascadeur bien nommé, à la peau bien rapée, qui fait rien qu’à terroriser et zigouiller des demoiselles. Après un premier épisode meurtrier plutôt en sa faveur dans lequel il met sa race à une bande de copines de Tarantino qui peuvent juste pas s’arrêter de parler bon sang, Stuntman Mike va s’attaquer à un autre groupe de filles tout aussi légèrement vêtues et tout aussi pénibles à écouter. Pas de bol, elles prennent le truc assez mal et décident de lui en mettre plein la bougie à coup de Dodge Challenger et de tatanes dans sa tête de cascadeur.

Ma (très) discutable opinion :

Avant d’expliquer les raisons de ma dĂ©ception, je tiens Ă  souligner que je suis fan de deux Ă©lĂ©ments majeurs qui caractĂ©risent ce film : le premier, c’est le bon cinĂ©ma « d’exploitation », dĂ©complexĂ© et souvent dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©, des annĂ©es 70 auquel il est ici rendu hommage. J’ai dĂ©couvert Vanishing Point en VHS quand j’avais quatorze ans et Kowalski a une place Ă  part dans mon panthĂ©on d’anti-hĂ©ros. la seconde est Tarantino lui-mĂŞme. Comme beaucoup de cinĂ©philes, je suis fan du bonhomme. Il a un enthousiasme dĂ©bordant, une passion du cinĂ©ma de genre communicative dans tous ses films, la qualitĂ© de ses dialogues n’est plus Ă  dĂ©montrer (lorsqu’il est inspirĂ©) et pour ne rien gâcher il est un rĂ©alisateur et un chef op’ talentueux.

Death Proof

Death Proof était à l’origine l’une des deux moitiés du programme Grindhouse, dans lequel Tarantino voulait recréer avec son (ex-?)pote Robert Rodriguez l’ambiance des double-features des films cheap d’exploitation projetés à bas prix dans les années 60 et 70. Un projet qui n’a pas séduit la production, cette dernière ayant demandé un remontage et des projections séparés des deux films (l’autre étant le bien meilleur Planet Terror). Si l’on peut trouver curieux l’idée de vouloir faire une resucée de films dans l’ensemble plutôt mauvais et fauchés à coup de dizaines de millions de dollars, j’attendais tout de même avec impatience de voir le résultat de cette démarche. Grande déception. Visiblement trop confiant en sa capacité à écrire au kilomètre des dialogues funky-cool tendance nerd, Tarantino nous en abreuve ici au point de nous noyer littéralement d’ennui. Il faut attendre 25 minutes d’une triste longueur, où seuls les jolis minois des actrices permettront à une partie concernée de l’audience de ne pas s’endormir, avant de voir surgir une brève, violente et insidieusement superbe scène d’action.

Death Proof

Le film entame alors sa seconde partie et nous replonge dans un autre flot de dialogues pas beaucoup plus inspiré qui mènera (enfin) aux 20 meilleures et dernières minutes du film le long d’une poursuite auto à la réalisation stupéfiante. 25 minutes à sauver sur un film de deux heures, c’est peu. Sur la forme on appréciera bien sûr la démarche de retrouver l’aspect craspec des bobines usagées des films d’époque, la touche légèrement seventies des costumes, les cylindrées utilisées, les pertes de couleurs et autres caractéristiques. Le tout accompagné d’incessantes références de Tarantino à un cinéma qu’il aime aimer, mais surtout (et c’est un peu la goute d’eau) à son propre cinéma, se mettant ainsi lui-même au niveau des oeuvres qu’il a choisi de glorifier. Ego, quand tu nous tiens…

Sur une note plus positive les fans de Kurt Russell se régaleront, cet ours se bonifie avec l’âge et nous offre un Stuntman Mike aussi appréciable à regarder en prédateur qu’en proie. Et comme d’habitude chez Tarantino : mention spéciale à la bande originale. Voilà un domaine dans lequel il n’a encore jamais fait la moindre faute de goût.

Leave A Comment