Star Trek, JJ Abrams et la grève.

Star Trek

Lorsque vous êtes un auteur, que vous faites partie de la WGA (Writers Guild of America) et qu’une grève de votre organisation est déclarée, vous n’avez juste pas le droit d’écrire ou de modifier la moindre ligne de script ou de dialogue que vous produisez pour un studio. Quelle que soit la production, quelle que soit l’ampleur de la modification (même deux mots de dialogue).

On connaît déjà l’impact de cette grève sur les séries du moment, avec l’arrêt brutal de leurs tournages à mi-saison (pour les plus chanceuses), les équipes techniques ne pouvant emballer que les scènes déjà écrites avant le 5 novembre, date du début de la grève.

Concernant les films en tournage, la médiatisation à court terme est moins forte qu’une série dont la saison a déjà commencé à être diffusée, mais les dégâts sont tout aussi présents.

Un exemple concret, et désespérant pour votre serviteur, a pris place sur le tournage du Star Trek revisité par JJ Abrams. Certes, un script a déjà été écrit de la première à la dernière scène. Rares sont les tournages se lançant sans ce matériau de départ, même si l’on sait que les réécritures en cours de tournage sont fréquentes et nécessaires : qu’il s’agisse d’imprimer une très bonne idée sur le tard, de corriger des dialogues pour mieux coller à un acteur, de s’adapter à une contrainte technique quelconque, etc.

Alex Kurtzman et Roberto Orci sont les scénaristes de ce Star Trek. Il sont membres de la WGA, et sont donc en grève et ne peuvent plus retoucher à une ligne de leur script depuis lors.

Star Trek

J.J. Abrams, le réalisateur du film, et Damon Lindelof, l’un des producteurs (issu de l’équipe de production de “Lost”), sont eux aussi des auteurs. Pour compenser la paralysie artistique des deux scénaristes, on aurait pu penser que le réalisateur et le producteur du film pourraient prendre le relais et s’atteler aux modifications souhaitées sur le script au fil du tournage. Que nenni, car Abrams et Lindelof sont eux aussi membres de la WGA et sont soumis aux mêmes contraintes. Comme il est impossible de faire toucher au script par d’autres personnes que ce trio, la situation est un vrai casse-tête.

Situation type : dans une interview JJ Abrams décrivait une scène en tournage pendant laquelle il eut une idée jugée excellente à appliquer avant de boucler la dîte scène. Trop dommage car pas le droit de l’écrire, pas le droit de la tourner. Le film doit fonctionner avec le script en l’état du 5 novembre. Point.

Comme l’a décrit Damon Lindelof lui-même, c’est un peu l’équivalent de se faire enlever un super pouvoir.

Et moi j’ai peur pour mon Star Trek.

Concernant les impacts de cette grève sur des productions cinéma actuelles, je recommande le passionnant blog de John August, lui aussi auteur membre de la WGA, et notamment ce post récent qui est la source directe de celui que vous lisez.

Excitomètre :

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Comments
One Response to “Star Trek, JJ Abrams et la grève.”
  1. Blake says:

    Tant que les personnages sont toujours en pyjama, y’a de l’espoir ! 🙂

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