Talk to the snail

Talk to the snailJ’ai toujours été assez fan des livres ou des articles qui décrivent la perception de notre pays au travers du regard d’autres nations. Si ceux-ci sont généralement critiques, parfois très durs, ils sont souvent la preuve d’une passion sincère (qui aîme bien châtie bien, etc.) et donnent généralement une indéniable matière à réflexion.

Talk to the snails, et d’une manière plus générale les romans de Stephen Clarke, entrent dans cette catégorie.

Stephen Clarke a connu un très grand succès il y a deux ans avec A year in the merde, un roman prétexte à une peinture corrosive de la France à travers les yeux d’un anglo-saxon. Si la qualité du roman était plutôt discutable, mais encore une fois l’histoire était principalement un prétexte, les scènes décrivants l’étonnement et l’incompréhension du personnage principal face à certains comportements des français, spécificités culturelles et autres moeurs étranges étaient très réussies et plutôt drôles.

Talk to the snail se présente sous la forme d’un essai humoristique dans lequel Stephen Clarke dépeint et commente les mêmes idiomes français. Débarrassé des oripeaux un peu lourd à porter du roman, l’analyse de Clarke n’en devient que plus directe, plus claire mais aussi encore plus drôle à lire. Le ressenti d’un français à la lecture de ce livre sera bien évidemment radicalement différent de celui d’un anglo-saxon et pour peu que l’on sache prendre un recul nécessaire sur ce qui nous paraîtra parfois très juste et d’autre fois extrèmement tiré par les cheveux, ce regard extérieur et caricatural apporte une bonne dose d’humilité.

S’appuyant ici sur les années qu’il a vécu dans notre pourtant sympathique pays, Clarke distille ses commentaires et ses conseils à destination de l’anglais qui décidera de s’installer près de chez nous. Expliquant d’un coté comment obtenir les faveurs d’un serveur antipathique et impoli, ou manipuler la langue de l’amour et de la chose (le cliché reste tenace), Clarke commentera de l’autre son amusement de voir les français travailler seulement 35 heures et tout de même trouver le temps de se mettre en grève (pas d’implication politique de ma part, ce concept est indéniablement extra-terrestre pour tous les anglo-saxons). Il s’arrêtera sur le sentiment de suffisance universellement perçu par les touristes qui traversent le pays, les situations incongrues que tout le monde aura pu vivre au guichet d’une agence de La Poste (personnifié dans un tout autre registre par un sketch très réussi de Danyboon), et abordera le mythe des “femmes françaises qui ne grossissent jamais”.

A lire pour prendre un peu d’altitude sur nos comportements nationaux, tendre la joue pour une gifle amicale, se marrer un bon coup et terminer par gentiment ruminer dans son coin sur les anglaises qui sont moches, leur cuisine infect, la pluie incessante toute l’année chez eux et le fait qu’ils n’aient pas été fichus de gagner la Guerre de Cent-Ans alors qu’ils avaient remporté presque toutes les batailles. 😉

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